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Image : Gilles Pourtier, Laocoon

04.07 —— 01.09.2024 programmation La Saison du Dessin et Art-O-Rama

vernissage jeudi 4 juillet 2024

Jamais tu ne me regardes, là où je te vois

Le 55, rue Horace Bertin, 13005 Marseille

Commissariat et scénographie : Gilles Pourtier


Elvire Bonduelle, John Cornu, Alain Gœtschy,
Quentin Lefranc, Gilles Pourtier,
Jean-Xavier Renaud, Linda Sanchez

Alors que se multiplient les événement à travers toute la France liant sport et art contemporain, Jamais tu ne me regardes, là où je te vois propose un regard décalé sur le corps humain, loin des stéréotypes liés à la performance physique. Imaginée par l’artiste Gilles Pourtier, cette exposition prend le contre-pied des lieux communs relatifs au corps performatif en rassemblant sept artistes de la jeune génération qui tous portent un regard distancié sur la question de l’identité contemporaine. Présenté dans un espace dévolu à la danse contemporaine, cet événement s’inscrit dans la politique de soutien à l’art contemporain menée par Isabelle et Roland Carta depuis plusieurs années. Favorisant les résidences d’artistes, organisant à Marseille des présentations de pratiques artistiques émergentes, le couple a confié à Gilles Pourtier (formé à l’école nationale de la photographie d’Arles) le soin de sélectionner et scénographier les propositions d’artistes de la région travaillant la question du corps et de l’identité au moment même où la ville accueille certaines des épreuves des Jeux Olympiques. 

Dessins, peintures, sculptures et installations, la sélection de Gilles Pourtier explore 
le territoire flou ou le corps oscille entre danse et sport, entre mouvement et repos, entre affirmation d’une identité et dilution dans un monde d’apparence. Si chez certains artistes comme John Cornu, Elvire Bonduelle et Jean-Xavier Renaud le corps est traversé par des questions identitaires mais aussi une forme d’humour quant à sa place dans notre quotidien, d’autres propositions s’inscrivent dans une position plus politique en s’interrogeant sur l’écart entre les postures dans l’espace public et l’affirmation de soi dans la sphère de l’intime.

Chez Elvire Bonduelle les œuvres oscillent entre ornement et installation, transformant au passage un fauteuil de bois articulé en sculpture hommage à Bruce Nauman ou Donald Judd. Le corps y est ici absent, vague présence destinée à jouer directement avec l’œuvre pour mieux l’éprouver. John Cornu produit également des installations destinées à questionner nos sensations par une mise à distance non dénuée d’humour sur ce que notre regard ou notre corps perçoivent. Quentin Lefranc joue dans ses œuvres sur les contraintes, l’enfermement, la mise à distance d’une enveloppe charnelle contrainte par les architectures de notre quotidien. Centré sur la peinture et le dessin, la pratique de Jean-Xavier Renaud met en scène des postures improbables ou les corps semblent pris dans la tourmente d’un monde qui le plie à ses exigences de représentation. Linda Sanchez déploie une forme de poésie dans ses films et installations qui toutes évoque le geste, l’épuisement de celui-ci, la mise au repos. Alain Goetschy se situe au sein d un territoire où le politique s entrecroise avec l écologique. Loin d être des moulages du réel ses bronzes s offrent comme des matières faussement brutes mais travaillées de l intérieur par le passage momentané de l être humain sur cette terre. Quant à Gilles Pourtier, il propose des sculptures en marbre qui condense dans leur forme abstraite les dimensions et le poids de personnages croisés lors de ses recherches. Gilles Pourtier, artiste et commissaire de l’exposition le souligne :

Ces corps génériques sont en attente. Ils ne sont pas en mouvement mais tendent vers le mouvement. Je voulais à travers le choix des pièces mettre en avant un devenir, un devenir du regard déjà. J’avais vraiment en tête de créer aussi une sorte de tension entre des sculptures assez conceptuelles et d’autres plus ludiques, plus décoratives comme les œuvres d’Elvire Bonduelle. C’est donc un espace ou le « pop » côtoie des pratiques plus abstraites.

Jamais tu ne me regardes, là où je te vois rassemble donc sept artistes ayant en commun de proposer une vision décalée du corps à travers des œuvres ouvertes aux multiples fictions d’un monde ou le sport est perçu comme l’ultime frontière d’un corps au travail.

Texte :  Damien Sausset

Soutiens : Ricard, Barjane, château, Bonisson, fonds Carta

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